SUD Santé Sociaux, un levier pour reconstruire une psychiatrie humaine, sociale et émancipatrice.
[Motion d'actualité du 9ème congrès fédéral]
Le congrès de la fédération SUD Santé Sociaux, réuni ce jour, après avoir entendu les témoignages et constats des équipes de terrain, affirme que :
- La psychiatrie publique est aujourd’hui en grande souffrance, minée par les logiques gestionnaires et comptables.
- La rotation accélérée des lits et l’obsession du taux d’occupation conduisent à une perte de sens du soin, où l’effacement momentané des symptômes prime sur la prise en charge globale des patients.
- L’arrêt de la formation spécifique en psychiatrie, la prescription verticale et la bureaucratisation du soin ont réduit l’autonomie des équipes, accentuant la perte de sens et la souffrance au travail.
- Les droits des patients, mal appliqués, ainsi que la judiciarisation croissante du soin, renforcent le repli défensif des équipes et fragilisent le cadre thérapeutique.
- La domination d’approches standardisées, comme la TCC, marginalise d’autres pratiques nécessaires, notamment la psychothérapie institutionnelle et fragilise l'existence du secteur.
- La psychiatrie est de plus en plus instrumentalisée à des fins de contrôle social, alors que la question politique de la folie et de la souffrance psychique dans la société est évacuée du débat public.
- Le manque de pédopsychiatres et la disparition de structures dans de nombreux département laissent des milliers d'enfants et d'adolescents en souffrance et sans soins alors que les besoins sont de plus en plus criants depuis la crise du COVID.
Le congrès dénonce :
- La mainmise de l’administratif et des chiffres sur la clinique et le soin.
- La réduction de l’autonomie et de la créativité des équipes par un contrôle hiérarchique permanent.
- Le recul du débat clinique, remplacé par la seule logique de résultats immédiats.
Le congrès affirme au contraire :
- L’existence de résistances dans les équipes, de pratiques inventives et d’un engagement soignant qu’il faut protéger et renforcer.
- La nécessité de fédérer les luttes locales et les collectifs existants (Collectif des 39, Printemps de la psychiatrie…) pour construire une action commune et puissante.
- Le besoin d'une commission psy composée de camarades de tous horizons et métiers, nombreux·ses et motivé-e-s pour porter une parole influente SUD Santé-Sociaux.
En conséquence, le congrès revendique :
- Le rétablissement d’une formation spécifique en psychiatrie pour les infirmiers.
- Des moyens humains et matériels à la hauteur des besoins de la population.
- La reconnaissance et le respect de l’autonomie des équipes soignantes dans le travail clinique.
- La relance du débat sur les finalités du soin psychiatrique, dans sa dimension sociale et politique, et non comme simple instrument de contrôle.
Enfin, le congrès réaffirme que le syndicat SUD, aux côtés des soignants, des patients et des collectifs, doit être un outil de résistance, un rempart contre la résignation, et un levier pour reconstruire une psychiatrie humaine, sociale et émancipatrice.